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par Sylvia M’Bocké ©
Son dernier article: Bilan du 7ème Colloque International
1- La traite négrière européenne : vérité & mensonges : le poids du mensonge, le choc de la culpabilité...
L’HISTOIRE DE LA TRAITE NÉGRIÈRE FAIT COULER BEAUCOUP D’ENCRE ET POURTANT DE NOMBREUSES ZONES D’OMBRES EXISTENT ENCORE SUR CETTE PAGE DE L’HISTOIRE DE L’HUMANITÉ. JEAN PHILIPPE OMOTUNDE A DÉCIDÉ D’ABORDER LE SUJET EN PUBLIANT UN OUVRAGE SUR LE SUJET AUX ÉDITIONS MÉNAIBUC...
A découvrir : la traite négrière européenne : vérité & mensonges
Sylvia B. pour Africamaat : La traite négrière reste un sujet d’actualité car ses effets subsistent encore. Cependant, beaucoup de gens avancent toutes sortes d’idées sur le sujet en disant un peu vite que se sont des nègres qui ont vendu des nègres aux négriers. C’est de là que vous avez eu l’idée de cet ouvrage ?
JPO : Oui, au début je voulais publier sur le site un article sur le sujet. J’ai donc fait des recherches et j’ai très vite j’ai dépassé les 50 pages. Ce n’était donc plus possible de publier le document sur le site, d’où mon ouvrage : La traite négrière européenne : vérité & mensonges.
Sylvia B. : C’est un sujet qui nous intéresse tous, peu importe où nous sommes dans le monde car il est à l’origine de nos malheurs actuels. Tous les ouvrages occidentaux disent que les Africains sont responsables de leur malheur car ils se sont vendus aux négriers. Beaucoup de noirs aux USA, au Brésil et dans la Caraïbe en sont d’ailleurs convaincus car on leur enseigne cela dans les écoles, d’où leur rejet actuel de l’Afrique.
JPO : Le tableau que vous avez dressé de la situation est exact. Je suis moi-même descendant d’esclave africain déporté en Guadeloupe pour cultiver la canne à sucre et cette version de l’histoire je la connais par cœur. Bon mais maintenant, il faut réfléchir et tâcher de comprendre les réalités historiques de l’époque.
Sylvia B. : Moi, il y a des choses que j’aimerais enfin comprendre ?
JPO : L’esclavage est un sujet sur lequel il y a eu plus de mensonges que de vérités distillés dans les manuels ou les média. Il nous faut donc réexaminer chacune des informations.
Sylvia B. : Commençons par le rôle de l’Eglise dans l’affaire. L’Eglise a t-elle été à la hauteur de sa mission et de son message ?
JPO : Si on tient compte du fait que le rôle de l’Eglise est de préparer la venue du royaume de Dieu et qu’au royaume de Dieu il n’y a ni maître ni esclave, l’Eglise s’est fourvoyée car elle défend et justifie l’esclavage dans la Bible ! Voyons cela.. Dans les textes de l’Ancien comme ceux du Nouveau Testament leurs auteurs soit-disant inspirés, reconnaissent et acceptent l’esclavage. Ils cherchent seulement à tenter de l’humaniser.
St Paul demande par exemple aux esclaves d’obéir à leur maître "avec crainte et tremblement". "Nous avons tous, en effet, été baptisé dans un seul corps, soit juifs, soit grecs, soit esclaves, soit libres et nous avons tous étés abreuvés d’un seul Esprit" dit le passage de Corinthiens 12,v 13 mais dans épître aux Galates, la Bible se contredit en lançant : "Il n’y a ni hommes, ni femmes, ni Juifs, ni Grecs, ni hommes libres, ni esclaves, vous êtes tous un en Jésus Christ ". Jésus Christ est à toutes les sauces, tantôt esclavagiste, tantôt abolitionniste. Vous voyez !
Sylvia B. : C’est assez surprenant dit comme cela !
JPO : Deuxièmement, l’Eglise a non seulement possédé des esclaves mais aussi expulsé les Noirs de ses locaux à l’époque de la ségrégation aux USA ou durant l’Apartheid en Afrique du Sud, ne l’oublions pas ! Aux Antilles, c’est le fouet qui donnait le signal de la prière aux esclaves sur les plantations, vous pensez que c’est sérieux ? Martin Luther King comptait même parmi ses plus durs adversaires, des hommes d’église qui voyaient d’un très mauvais œil son combat pour les droits civiques.
Sylvia B. : Tout ces choses ne sont généralement jamais abordées par les média. Il y a une certaine conspiration du silence en occident sur tout cela !
JPO : Je n’ai pas fini. Troisièmement, la Bulle pontificale d’appel soit disant à la "guerre sainte" contre les païens nègres, datant du 8 janvier 1454 et rédigée par le Pape Nicolas V (de son vrai nom Tomaso Parentucelli) dont voilà un extrait, invite clairement le roi Alphonse V du Portugal à décimer l’Afrique, à mettre en esclavage les Nègres et à les déporter , manu militari :
"Nous avions jadis, par de précédentes lettres, concédé au Roi Alphone, entre autres choses, la faculté pleine et entière d’attaquer, de conquérir, de vaincre, de réduire et de soumettre tous les sarrasins (nègres), païens et autres ennemis du Christ où qu’ils soient, avec leurs royaumes, duchés, principautés, domaines, propriétés, meubles et immeubles, tous les biens par eux détenus et possédés, de réduire leurs personnes en servitude perpétuelle (...) de s’attribuer et faire servir à usage et utilité ces dits royaumes, duchés, contrés, principautés, propriétés, possessions et biens de ces infidèles sarrasins (nègres) et païens (...) Beaucoup de Guinéens et d’autres Noirs qui avaient été capturés, certains aussi échangés contre des marchandises non prohibées ou achetés sous quelque autre contrat de vente régulier, furent envoyé dans lesdits Royaumes (Amérique, Antilles...)",(Cf. Le péché du Pape contre l’Afrique, Assani Fassassi, éd. Al qaram.). Le texte est suffisamment clair.
Bon, maintenant quant aux évêques africains qui demandent pardon aujourd’hui pour la traite, il faudrait qu’ils nous donnent au préalable de toute discussion, le nom des évêques africains qui existaient à l’époque de la traite ? Moi, je n’en connais pas donc je ne discute pas avec eux !
Sylvia B. : l’historiographie occidentale dit qu’il fallait évangiliser les Noirs, d’où le fait de les déporter en Amérique ?
JPO : C’est une autre escroquerie cette affaire. Déjà Dieu est né en Afrique de l’aveu des anciens (Grecs, Egyptiens, etc...). C’est toujours l’Ethiopie qui est désignée par les historiens anciens, comme étant le pays d’origine des pratiques religieuses.
D’autre part, de l’aveu même de l’abbé de Castelli, alors préfet de la Martinique en 1844 qui dresse un constat cinglant 4 ans avant l’abolition définitive de l’esclavage en 1848, il n’y a jamais eu d’enseignement religieux destiné aux esclaves. Voilà d’ailleurs ce qu’il écrit lui-même :
"Le mouvement de la propagation religieuse est NUL OU PRESQUE NUL, en comparaison de ce qu’il devrait être dans la situation actuelle".
Et pour la Guadeloupe, il poursuit :
"Osons le dire, l’instruction religieuse et morale des esclaves, si fortement recommandée par les ordonnances royales et les prescriptions ministérielles, si impérieusement prescrite surtout par les divins préceptes de l’évangile, est NULLE à la Guadeloupe" (Cf. M. L’abbé de Castelli, De l’esclavage en général et de l’émancipation des Noirs. Les mots en lettres capitales, le sont dans le texte original).
Les faits sont là !
Sylvia B. : Bon, dites-nous Mr Omotunde, est-il vrai que les historiens blancs qui sont des donneurs de leçon à la mémoire courte, passent sous silence l’époque où l’Europe vendait des esclaves blancs aux Arabes ?
JPO : Toute l’histoire de l’Europe est jalonnée de ce type de fait car les sociétés indo-européennes issues du nomadisme ont été pour la plupart esclavagistes (Grèce, Rome...). Durant le Moyen Age à l’époque carolingienne par exemple, des chrétiens vont combattre sans relâche, des peuples européens de langue slave installés dans la majeure partie de l’Europe centrale et orientale, qu’ils traitent de païens.
Les rois saxons Henri l’Oiseleur et Otton Ier vont par exemple dès le Xème siècle en faire leur "sport" favori. Les captifs Slaves vont alors alimenter massivement un commerce esclavagiste prolifique entre Venise et l’empire Arabe au sud de la Méditerranéenne. Les commerçants vénitiens, pourtant chrétiens, ne voient absolument aucune objection à ce trafic d’esclaves blancs. Ils vendent sans état d’âmes de futurs esclaves Slaves aux marchands Arabes. Le "Quai des esclaves", de son vrai nom, la Riva Degli Schiavoni, à Venise est d’ailleurs l’un des vestiges de cette période.
C’est donc à ce moment que le mot latin "Slavus" désignant les Slaves, va être progressivement remplacé par le mot "Sclavus" d’où le mot "Esclave" pour désigner des captifs blancs privés de liberté et considérés comme des "biens meubles". Selon l’historien Jacques Heers, les Bulgares même n’échappaient pas non plus aux trafics d’esclaves blancs [Cf. Jacques Heers, Esclaves domestiques au Moyen Age dans le monde méditerranéen, Paris, Hachette, 1981] :
"Condamnés ou pourchassés par l’Eglise d’Orient elle-même, capturés, vendus aux italiens, les Bulgares apparaissent nombreux sur les marchés d’Occident (y formant) une part non négligeable de la population servile dans les années 1200 et 1300".
Donc vous voyez, à l’époque les Européens vendaient des esclaves blancs aux Arabes en passant par Venise d’où l’origine même du mot "esclave" qui désigne dans son sens premier, des blancs mis en captivité. Enfin, avant de déporter des Nègres sur les plantions, les Européens ont d’abord déporté des milliers blancs qui portent par euphémisme, le nom d’engagés.
Aucune.
Commentaires
- 13/04/2010 00:12 par Didier
- 17/01/2010 17:35 par siegfried78
- 19/12/2009 22:34 par KARMETO
- 23/06/2009 14:37 par Maxkpo
- 15/05/2009 01:50 par Omotunde
- 14/05/2009 11:02 par Pita du Camerou
- 30/04/2009 03:48 par Omotunde
- 28/04/2009 15:32 par Pita du Camerou
- 18/10/2008 01:39 par Marie Paule
- 17/10/2008 18:56 par vouroupatra
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