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Colloque International Kamit Menaibuc 2010

par Jean-Philippe Omotunde © africamaat.com

 Publié le 18 février 2007

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1-Exemple flagrant de falsification de l’histoire africaine

VU SUR LE FORUM DU SITE THOT-WEB ...

1-Exemple flagrant de falsification de l’histoire africaine

Cette discussion extraite du site Thot-Web nous sert d’illustration pour prouver que la falsification de l’histoire africaine n’est pas une vue de l’esprit.

Pour détacher l’Egypte de son socle africain, tous les moyens sont bons, même la malhonnêteté.

1- Mise en place du processus de falsification !

Une question posée par un certain Marc, nous a tout d’abord mis en alerte. Après avoir mis en lien la tête du pharaon soudanais Narmer (1ère Dynastie), ce dernier pose une question pertinente à l’égyptologue su site Thot-web :

Quelles sont les photos existantes du pharaon Narmer ? De plus, d’où provient cette effigie de Narmer ? (Marc)

Réponse :

Il n’y a, à ma connaissance, que deux représentations du roi Narmer : une palette conservée au Musée du Caire où le roi tient un prisonnier du Nord de l’Egypte par les cheveux et s’apprête à lui fracasser le crâne (illustration dans "Chronique des pharaons" de Peter A. Clayton ou sur le site de la BNF) ; une tête de massue du Ashmolean Museum où le roi reçoit la soumission de captifs et un butin constitué de nombreux bétails (illustration dans "Chronique des pharaons" de Peter A. Clayton).

Pouvez-vous nous indiquer dans quel ouvrage vous avez obtenu cette photo ? Merci.

Johann Renard-Templier

Et il poursuit :

La tête que vous nous avez envoyée n’est pas celle du roi Narmer. Elle appartient à un roi inconnu, vraisemblablement de la IIe dynastie.

Elle se trouve au musée "The Petrie Museum of Egyptian Archaeology" à l’University College London. L’ouvrage de référence pour cette période est "Early Dynastic Egypt" de Toby A.H. Wilkinson dont la couverture n’est autre que la tête en question.

Johann Renard-Templier

Marc reprend :

L’auteur qui l’identifie à Narmer est l’égyptologue sénégalais Cheikh Anta Diop dans l’ouvrage "Nations Nègres et culture" éd. Présence Africaine. Il ne donne pas de précisions dans son ouvrage sur cette identification, mais M. Wilkinson en donne t-il également ? En quoi le style de la sculpture est si différent selon qu’on soit dans la Ière dynastie ou la IIème ? (Marc).

Réponse de l’égyptologue :

Au sujet de la photographie de la " tête de Narmer " ( ?) du Musée Petrie de l’University College de Londres que vous avez publiée et qui a fait l’objet de quelques échanges, il y a quelques semaines, je souhaiterais apporter la précision suivante à Marc ainsi qu’aux lecteurs que cela intéresse.

Vous dites avoir trouvé mention de l’attribution de ce portrait à Narmer dans un ouvrage de Cheikh Anta Diop. Avant d’aller plus loin dans votre travail d’investigation, vous devez savoir que cet auteur sénégalais, par ailleurs fort connu en Afrique francophone, qui a réellement marqué ce que Senghor nommait " la négritude " (comprenez : l’âme de la pensée littéraire africaine post-coloniale), n’était pas spécifiquement égyptologue ni archéologue mais plutôt philosophe, penseur.

Nombre de ses " thèses historiques " restent fort discutables, notamment les parallèles qu’il tente entre l’antiquité égyptienne et les cultures africaines sub-sahariennes, via les civilisation de Méroé et Kerma. Dans les années 1970-1980, ses réflexions connurent toutefois un grand succès en Afrique, notamment au Sénégal.

Ce personnage original et étonnant a contribué à combler un certain vide dans la culture africaine moderne : il a élargi les limites traditionnelles de l’histoire des " peuples noirs " qu’on ne connaît relativement bien qu’à partir du XVIIème siècle, grâce, notamment, aux divers récits de voyageurs et à quelques traditions orales vivaces.

Il leur a trouvé (pour ne pas dire créé) des racines plus lointaines, plus " glorieuses ", voulant montrer, par là que les nouveaux pays du continent (issus des colonisations et décolonisations) existaient déjà -mais sous une autre forme-, bien avant que les européens débarquent et transforment tout.

Ce qu’écrit le Cheikh dans son ouvrage Nations Nègres et culture est donc à prendre avec des pincettes et à considérer plutôt comme le reflet d’une époque...

Concernant la fameuse représentation qui vous intéresse, je pense qu’il est plus sage de s’en remettre, pour le moment, à ce qu’écrit T.A.H Wilkinson dans Early Dynastic Egypt, à savoir qu’il s’agirait d’un portrait royal de la IIème Dynastie...

Bien à vous,

H.Perdriaud...

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